Partager l'article ! Tellement Proches (Olivier Nakache/Eric Toledano -juin09): Plus d'infos sur ce film Tellement Proches réunit une belle palette ...
Tellement Proches réunit une
belle palette d'acteurs, tous plus à fond dans leur personnalité
les uns que les autres. Heureusement que cette comédie incorpore
deux rôles plus matures, plus sérieux que les autres : les rôles
d'Omar Sy et de Isabelle Carré sont en effet des personnages
auxquels le spectateur peut s'identifier et s'accrocher...au beau
milieu d'un déluge de forts caractères relativement loufoques dans
leur genre. Cette comédie est donc réussie, mais n'est pas
forcément une franche rigolade, en tout cas moins que Nos Jours
heureux, le second long-métrage du duo Eric Toledano et Olivier
Nakache.
Pitch
Vincent Elbaz est-il de
retour ? Celui qui avait dit non à la suite de la Vérité si je
mens, avait montré là le signe de ne pas rentrer dans une case.
Sauf que son choix n'avait pas été suivi d'un franc succès.
Remarquez, hormis le déjà reconnu Anconina, les autres acteurs de
l'opus 1, ne s'étaient pas non plus ouverts les portes de la gloire.
Vincent Elbaz fait donc plaisir à voir. Le charisme est là, aidé
par sa carrure de trentenaire bedonnant, sa belle gueule et sa
spontanéité remarquée.
Autour de lui se réunissent deux acolytes
du fameux Nos Jours heureux : Omar Sy et Joséphine
de Meaux. Ces deux-là, décidément, semblent cantonner à ne se
retrouver dans un film que pour se forcer à s'aimer. Un peu la faute
à cette De Meaux, qui maintient la ligne dure et caractérielle de
son rôle de coincée qui se décoince en gueulant ou en devenant
folle de rage. Qu'à cela ne tienne, lorsqu'elle ressort son grand
jeu de l'accélération soudaine dès lors que son Omar Sy la
contrarie, on ne peut que rire de ce qui attend ce dernier, au
tournant. En guise de tournant c'est plutôt une ligne droite : être
largué sur une autoroute, c'est un peu dur à encaisser. Mais bon,
s'il veut rester en médecine à Paris, il doit prouver qu'il est en
concubinage avec une...Parisienne ! Il tient donc à elle, sous
réserve tout de même qu'il finisse par en tomber amoureux...
L'ensemble
de cette réunion de famille a elle aussi quelque chose d'arrangée !
Parce que sa dame (Isabelle Carré) est très, très proche de son
frère, Vincent Elbaz doit se coltiner ces ronds de table à la
mord-moi-le-noeud, où face à la petite protégée du beau-frère,
qui joue autant d'instruments qu'elle joue mal, ne peut qu'opposer
que son rejeton espiègle, turbulent voire violent, mais qu'il aime à
en mourir. Et son couple devient celui d'un père et son fils, la
mère restant un peu trop mère, et plus assez femme à ses yeux.
C'est peut être pour ça que Vincent Elbaz campe un père qui ne force pas
trop ses charmes, en reniflant de trop près la moindre baby-sitter
qu'il embauche pour garder son rejeton. Crise de la quarantaine
approchant ou pas, l'homme a décidément besoin de séduire. En
face, une Isabelle Carré en béton armée qui sauve littéralement
le film de la petite comédie de passage. Ouf ! Cette once de sérieux
en elle, permet à ce tableau grivois de deux familles qui tentent de
s'apprivoiser, de sortir des chemins battus d'une comédie qui aurait
pu rester dans la légèreté. Elle ne bronche pas, elle tient bon,
et permet au spectateur de croire très vite à une certaine réalité
certes extrême, mais identifiable.
Tellement
Proches utilise formidablement bien les quelques ressources dont il
dispose : les simagries, la gestuelle et la réthorique de
François-Xavier Demaison par exemple, sont idéal pour nuancer le
rôle de l'épouse de celui-ci : interprétée par Audrey Dana
(Welcome). Tous les personnages sont associés sur un manège qui
tourne et rend heureux ceux qui rendent malheureux les autres. Mais
la roue tourne, tant mieux ! Et cela va jusqu'où comme ça ? Et bien
malheureusement, la cadence n'est pas maintenue, le film s'essouffle. Le côté dramatique qui avaient fait respirer le
spectateur parfois, va monopoliser les dix
dernières minutes. Ce qui fait que le dénouement final semble bien
superficiel, il semble tout droit débarqué d'un téléfilm pour une
chaîne publique, et qui bien que surprenant son spectateur, n'en
montre pas moins le signe d'une arrivée en
bout de course. Dommage !
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