Jeudi 14 décembre 2006 4 14 /12 /Déc /2006 14:29

Avant-goût certains disent que Neil Jordan, le réalisateur, n’est pas resté fidèle au roman de Anne Rice. Pour ma part je ne l’ai pas lu…et cette critique ne tiendra pas compte de cette comparaison.

Pitch San Francisco, dans les années 90. Un jeune journaliste fougueux et à la recherche d’un scoop se voit inviter par Louis pour la confession de sa vie. Louis dit être un vampire vieux de 200 ans, qui serait devenu tel qu’il est en 1791 grâce à la morsure d’un vampire et son sang que ce dernier lui a fait boire. Grâce à la morsure ou plutôt à cause de cette morsure…car Louis regrette sa condition de vampire et d’ immortel.

Avis le réalisateur Neil Jordan a filmé sans fioritures. C’est parfait. Rien à redire sur la réalisation. Il faut dire que les costumes d’époque XIXème siècle et le cadre du Mississipi puis de Paris sont efficaces. Le pari scénaristique est respecté : on suit le périple existentiel de Louis depuis son arrivée dans le monde des vampires jusqu’à sa confession au jeune journaliste. Et je dois dire qu’avec cette agréable mise en scène on prend plaisir à le suivre et on reste attentif à ce qu’il va faire ou ce qu’il va penser. Certaines scènes de souvenir sont doublées de la voix off du conteur (Louis) pendant qu’une bonne poignée d’autres sont dénudées de cette voix comme pour mieux impliquer le spectateur. Ce sont souvent des échanges de paroles entre Louis (Brad Pitt) et Lestat (Tom Cruise) ou des scènes violentes moralement. D’ailleurs, qu’elles soient moralement violentes ou visuellement violentes ces scènes « noires » justifient amplement l’interdiction du film aux – 12 ans.

le vampire Louis, qui est en train de confesser qu'il a anéanti la communauté des vampires du théâtre parisien

Je ne sais pas si Neil Jordan est resté fidèle ou non au roman de Anne Rice mais il y a deux choses qui m’ont vraiment plu : l’éclatement en milles morceaux du mythe de Dracula et des vampires (qui rend ce film de vampires novateur, notamment par le concept que tout vampire est le miroir de son époque malgré son immortalité et sa traversée des siècles) et l’esthétique purement gothique (les musiques classiques, le vampire Lestat et la vampirette Kirsten Dunst offrent quelques froides partitions de piano, la pâleur des visages et les yeux anormalement claires, les séquences dans le vieux Paris XIXème, le théâtre parisien véritable nid de vampires avec ses catacombes et ses flambeaux géants, etc…). Entretien avec un vampire souffre quand même d’un personnage de Lestat surjoué par Tom Cruise et pas assez naturel et d'un dénouement final beaucoup trop "hollywodien".



Publié dans : fantastique/SF
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